
Ce samedi matin, j'emmenais mes quatre petits comme toute mère cane colvert qui se respecte le fait instinctivement, à la recherche d'un plan d'eau plus propice à leur apprentissage de la vie de colvert que ce parc Montsouris, infesté de corneilles, où ils étaient nés mais ne sauraient grandir.
Quelle frayeur mes amis !
Sur la première photo, vous nous voyez traversant en biais la très large chaussée devant le stade Charlety. Mais avant d'arriver-là, un autochtone et ses deux fillettes braillants hystériques comme à guignol au moindre de nos mouvements, nous firent perdre une heure et demie de notre long voyage, à nous courser pour nous ramener, pensait-il -mal et têtu- dans le droit chemin.. c'est-à-dire pour lui notre point de départ.
Si bien qu'effrayés par les tentatives gesticulantes de ce mortel idiot, essayant continuellement de rabattre mes canetons à l'aide de ce qui m'a semblé être son couvre-chef, je me réfugiai sous les voitures pour lui échapper, zizagant, tournant, virant, me cachant, et nous réussimes, malgré lui, à traverser deux rues, les petits si exténués de s'échapper en tous sens qu'ils en trébuchaient derrière moi.
Quelle terreur nous aurons vécue avant qu'il abandonne ce dingue, sa b.a. désastreuse, et nous laisse continuer notre voyage !
Vers 11h30, il fut interpellé par une femme qui lui demanda s'il ne comprenait pas que les cris de ses filles et
cette poursuite nous effrayaient, s'il ne voyait pas que la mère les emmenaient quelque part et qu'ils nous mettaient en danger en nous retardant de la sorte.
- Mais les voitures, le tram ?
- justement, vous la retardez, la circulation automobile va bientôt redevenir "normale" sur les extérieurs.
Enfin, quelqu'un qui avait compris que j'allais vers le sud !
Profitant de ce qu'elle le distrayait de son obsession, les petits à ma suite, je coupai droit devant et en biais par la très large chaussée. Quel soulagement pour nous ! Il avait abandonné sa poursuite. C'est là qu'elle nous a photographiés d'assez loin.

Nous avions traversé nous aussi en laissant suffisamment de distance pour ne pas l'inquiéter, ni la faire dévier à nouveau. Deux riverains aidaient, faisant signe aux voitures, heureusement peu nombreuses, qui arrivaient.
Soulagement lorsque la petite famille fut sur le trottoir sud de l'autre côté. Elle continuait à descendre et longeait le stade.
Un petit jardin, à côté du stade ; elle le vit et s'y réfugia les canetons épuisés à sa suite. Il n'y avait pas grand monde à cette heure, ils allaient pouvoir souffler et trouver à se nourrir. Boire c'était moins sûr.
Où trouvera-t-elle le plan d'eau propice ? Elle devait le savoir. Mais où qu'ils aillent, il me parait impossible qu'ils puissent arriver vivants, trop d'axes monstrueux à traverser, trop de chiens non tenus en laisse et de chats en liberté. Trop d'ignorants bien intentionnés, aux initiatives désastreuses, rencontrés.
Pour ne pas parler de ces saletés de corneilles.

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Si d'aventure, vous croisiez en plein Paris une mère cane colvert emmenant ses petits, ne vous interposez pas comme ce malheureux bobo, retenez vos mômes et chien, contentez-vous, si vous voulez aider, de vous placer à l'extérieur du trottoir, ne suivez pas avec vos enfants, ils sont par nature imprévisibles, éviter de les effrayer en gesticulant : pour un animal sauvage tous vos mouvements sont disharmonieux sachez-le.
La mère cane colvert s'occupe seule des canetons jusqu'à ce qu'ils sachent se nourrir seuls, dans l'eau principalement. Elle peut repartir avec eux là où elle a elle-même grandi, mais femelle colvert n'étant pas un pelikan, ils doivent souvent marcher sur de très grandes distances.
Cela se complique apparemment, et se compliquera, lorsque le lieu de nidification est un parc en pleine ville.
Le colvert étant la proie favorite des chasseurs, on peut supposer qu'ils ont trouvé cette parade pour survivre.
Ils auront retenu qu'on ne les tire pas au-dessus des grandes villes et viennent, en quelque sorte, s'y réfugier.
A cela s'ajoute certainement la pollution des cours d'eau des régions où ils nidifient et la disparition inhérente des plantes semi-aquatiques -et d'insectes- dont ils se nourrissent habituellement.
Pour ces canes cols verts des villes, il faudra peut être un jour inventer un petit sac de voyage aérien, comme un bandana qu'elles porteraient autour du cou noué, dès qu'elles pointeraient le bec hors du parc avec leurs petits aux temps de nidification en mars-avril, pour les emmener par les airs sans danger vers le site plus favorable à leur croissance. Cela leur éviterait mille trépas à travers nos voies urbaines.
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